Félicitations aux sages-femmes sud-soudanaises !

L’ACSF félicite ses partenaires, l’Association sud-soudanaise des infirmières et sages-femmes (SSNAMA), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et le gouvernement du Soudan du Sud, pour avoir franchi une étape importante pour la pratique sage-femme au pays. Le 6 mars 2018, le ministère de la Santé du Soudan du Sud a posé un geste historique en annonçant l’établissement d’un comité intérimaire de réglementation pour la pratique sage-femme et infirmière au Soudan du Sud. Cela représente le premier pas vers la réglementation de la profession. Deux membres de la SSNAMA siègeront à ce comité aux côtés d’intervenants clés issus du ministère de la Santé et de la société civile.

« La confiance entre la sage-femme et la communauté est tellement importante »

À mesure que l’ébauche de la Loi sur la pratique sage-femme et infirmière suit son cours au Parlement, la SSNAMA et d’autres partenaires ont défendu le projet de loi et ont prôné la mise sur pied d’un conseil de réglementation. Ce fut un point de revendication clé lors du dernier congrès national en novembre 2017. À cette occasion, plus de 400 infirmières et sages-femmes se sont rassemblées, dont les sages-femmes de l’ACSF Kelly Chisholm et Beverly O’Brien, ainsi que des représentants de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) et d’associations de sages-femmes de pays voisins. Les visiteurs ont prêté leur voix pour cet appel à la réglementation.

Le comité intérimaire sera responsable de jeter les bases de la réglementation au Soudan du Sud. Il commencera à déterminer les qualifications nécessaires pour être sage-femme, à bâtir le cadre de travail des institutions de formation et à établir des activités de perfectionnement professionnel continu. Ces activités sont la pierre angulaire d’une relation de confiance entre les sages-femmes et les communautés.

« La confiance entre la sage-femme et la communauté est tellement importante », souligne Emmanuelle Hébert, directrice de l’ACSF Mondial.

« Dans un contexte comme celui du Soudan du Sud, où la majorité des femmes ne sont pas assistées d’un professionel qualifié pendant le travail, promouvoir la pratique sage-femme signifie établir la confiance. Quand une femme fait appel à une sage-femme, elle doit sentir que celle-ci pourra l’aider, sinon, pourquoi irait-elle la voir? »

Dans le cadre de la phase II du projet Strengthening Midwifery Services in South Sudan, dirigé par le FNUAP et financé par Affaires Mondiales Canada, l’ACSF a l’occasion unique de travailler avec ses collègues de la SSNAMA en ce moment historique pour les sages-femmes de ce pays.

Pour les sages-femmes canadiennes, le travail de l’ACSF dans le monde leur donne la possibilité d’échanger des compétences avec leurs pairs aux quatre coins du globe. Pour les membres de l’ACSF, il leur permet aussi de faire partie de la communauté internationale de sages-femmes et du mouvement visant à offrir des soins de qualité aux femmes partout dans le monde. À ce titre, notre travail à l’étranger est guidé par les trois piliers indissociables de l’ICM, soit la réglementation, l’association et l’éducation.

Le Soudan du Sud est le plus jeune pays du monde; on n’insistera donc jamais assez sur l’importance de ces trois axes pour la législation et le dévelopement de la société civile. Le pays est en train de façonner le paysage des systèmes législatifs et de santé nationaux. Au moment de son indépendance, en 2011, il comptait moins de 10 sages-femmes, dont la pratique n’était aucunement réglementée. L’Association sud-soudanaise des infirmières et des sages-femmes a vu le jour en 2011 et compte maintenant 600 membres. Depuis ses débuts, la SSNAMA a milité pour la réglementation de la pratique sage-femme au pays.