Entretien avec les nouvelles sages-femmes de Terre-Neuve

Terre-Neuve-et-Labrador a lancé récemment son tout premier programme de services sage-femme. Il fut un temps où il n’était pas rare dans la province de faire appel à des sages-femmes pour les accouchements, surtout dans les régions rurales de Terre-Neuve et du Labrador. Au fil des ans, on a tranquillement cessé de les employer. Le nouveau programme a pour vision de raviver l’intérêt envers la pratique sage-femme et de réinstaurer les sages-femmes dans la province.

Les quatre premières sages-femmes travailleront au Bell Place Community Health Centre à Gander. Elles collaboreront avec du personnel de la santé publique en soins infirmiers, en travail social et en aide à l’allaitement, et à l’hôpital, avec des infirmières et infirmiers, des obstétriciennes et obstétriciens et des médecins de famille.

Nous avons rencontré ces quatre sages-femmes qui ont fait de Terre-Neuve leur nouveau chez soi pour savoir comment elles vivent ce nouveau défi.

Brianna Thompson

1. Avez-vous travaillé comme sage-femme ailleurs qu’à Terre-Neuve-et-Labrador?
J’ai surtout pratiqué en Ontario, dans la vallée de l’Outaouais. J’ai aussi eu la chance de travailler à Rankin Inlet, au Nunavut, et à Puvirnituq, dans la région du Nunavik, au Québec.

2. Dites-nous ce que vous aimez de votre province.
La langue. J’apprends toujours de nouveaux mots et de nouvelles expressions! Terre-Neuve est tellement riche en culture et traditions. Nous avons eu beaucoup de plaisir à nous immerger en famille dans cette communauté.

3. Est-ce que le fait de travailler principalement en région rurale présente des défis particuliers? Racontez-nous votre expérience à ce sujet!
Un message qu’on reçoit fréquemment ici, c’est « Annulé en raison de la météo ». Les clientes et les sages-femmes ont beaucoup à se déplacer dans les communautés rurales. Je passe beaucoup de temps avec ma souffleuse à neige et je repère toujours les voisins qui ont un traîneau au cas où je serais appelée en pleine tempête!

4. Comment avez-vous vécu vos premières semaines de travail là-bas?
Ça a été formidable de collaborer avec mes nouvelles collègues sages-femmes. Tout est à construire et nous voyons grand. Nous sommes très heureuses de prendre soin des femmes de la région et nous avons hâte de les aider à mettre au monde leurs bébés.

 

Catha McMaster

1. Avez-vous travaillé comme sage-femme ailleurs qu’à Terre-Neuve-et-Labrador?
Je suis depuis peu diplômée du programme d’études en pratique sage-femme de l’Université Ryerson. J’ai fait mon stage clinique à Peterborough, en Ontario, après avoir effectué plusieurs stages en milieux urbains et ruraux, y compris à Toronto, à Kitchener-Waterloo et à Haliburton, Ontario.

2. Dites-nous ce que vous aimez de votre province.
Ce que j’aime de l’Ontario, ce sont les changements de saison bien marqués et le sirop d’érable, et ce que j’aime de Terre-Neuve, ce sont les gens accueillants et la NEIGE! J’adore le ski de fond et j’habite enfin dans un endroit où il y a assez de neige pour en faire! J’ai hâte d’aller voir l’océan et les plages dont on m’a parlé. J’ai grandi sur la côte de la Nouvelle-Angleterre et l’océan et les vagues me manquent énormément.

3. Est-ce que le fait de travailler principalement en région rurale présente des défis particuliers? Racontez-nous votre expérience à ce sujet!
Les défis que nous rencontrons à Terre-Neuve ont de multiples facettes. La distance et la météo sont évidemment des facteurs importants. Nous nous pencherons sur l’utilisation de technologies pour améliorer l’accès aux soins au moyen de plateformes sécurisées de télésanté comme solution. La collaboration avec les services de santé publique et les infirmières praticiennes des collectivités périphériques est également une autre occasion d’harmoniser nos philosophies de soins et de travailler ensemble pour soutenir adéquatement les personnes qui choisissent d’être suivies par des sages-femmes.

4. Comment avez-vous vécu vos premières semaines de travail là-bas?
Les premières semaines ont été intenses, motivantes et passionnantes! Il y a beaucoup de travail à faire pour relancer la pratique sage-femme, une profession de longue date et respectée à Terre Neuve. Ça a été merveilleux de voir à quel point la communauté est ouverte à la profession et de remarquer que tous – hommes, femmes et enfants – ont une histoire à raconter sur leur mère, leur grand mère, leur tante, leur cousine ou une autre proche qui a été accompagnée par une sage-femme, était une sage-femme ou avait un autre lien quelconque avec la profession.
Nous avons déjà pratiqué un premier accouchement et offert des soins postnatals à quelques femmes qui ont donné naissance à Grand Falls-Windsor avant la réouverture de l’unité d’obstétrique en janvier.

 

Maud Addai

1. Avez-vous travaillé comme sage-femme ailleurs qu’à Terre-Neuve-et-Labrador?
Oui, j’ai travaillé en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick et pour une très courte période au Manitoba.

2. Dites-nous ce que vous aimez de votre province.
La province n’a pas le tohu-bohu des grandes villes. J’aime les petits villages colorés tout le long de la côte. On me dit que la vie sauvage est incroyable; j’ai très hâte de voir un orignal et une baleine!

Les gens aussi sont fantastiques. La culture est tellement vivante et a tellement à offrir ici.

3. Est-ce que le fait de travailler principalement en région rurale présente des défis particuliers? Racontez-nous votre expérience à ce sujet!
Au Canada, j’ai surtout pratiqué dans les communautés rurales. L’acceptation des services de sage-femme est toujours un défi à cause du manque de compréhension de la profession et aussi parfois de l’incapacité des médecins à reconnaître les sages-femmes en tant que professionnelles de la santé de première ligne.
Les longues distances qui séparent les collectivités empêchent parfois les sages-femmes de pratiquer l’accouchement à domicile et de se rendre chez les clientes pour les visites postnatales.

D’après mon expérience, cela a renforcé la collaboration avec les autres professionnels de la santé tels que les IP, les ISP et les médecins généralistes dans les communautés très éloignées. C’est un modèle de soins prénatals et postnatals très innovant pour répondre aux besoins des femmes.

4. Comment avez-vous vécu vos premières semaines de travail là-bas?
Beaucoup de sensibilisation communautaire par le biais de séances d’information sur les sages-femmes et leur travail; prise en charge de femmes; établissement des tours de garde; création de processus, de documents d’information sur divers sujets et de protocoles de pratiques.

 

Renee Boland

1. Avez-vous travaillé comme sage-femme ailleurs qu’à Terre-Neuve-et-Labrador?
J’ai travaillé plus de dix ans dans la région de Northland, en Nouvelle-Zélande.

2. Dites-nous ce que vous aimez de votre province.
C’est chez moi. J’aime ses paysages accidentés, sa nature imprévisible et sa beauté sans limites. J’aime l’esprit réellement terre à terre et accueillant des gens de Terre-Neuve. C’est un endroit assez magique.

3. Est-ce que le fait de travailler principalement en région rurale présente des défis particuliers? Racontez-nous votre expérience à ce sujet!
J’ai toujours travaillé en milieu rural ou éloigné et c’est ce que je préfère. Bien sûr, cela présente des difficultés, mais j’aime les défis que ce genre de milieu présente. J’aime aussi le fait de pouvoir appliquer l’ensemble de mon champ d’exercice et apporter d’excellents soins aux femmes et aux familles qui ne profitent habituellement pas de la plupart des commodités urbaines.

4. Comment avez-vous vécu vos premières semaines de travail là-bas?
Comme l’on peut s’y attendre, les premières semaines ont été assez exigeantes. Je viens d’une culture où le recours aux sages-femmes est la norme. Ce sont elles qui prodiguent les soins de maternité à toutes les Néo-Zélandaises, peu importe la région où elles habitent. Si une grossesse devient à risque, la cliente continue d’être suivie par la sage-femme en même temps que par une obstétricienne ou un obstétricien. C’est nouveau pour moi de devoir expliquer ce que sont les sages-femmes et comment elles travaillent. C’est aussi incroyablement stimulant de faire partie d’une équipe capable d’offrir ce choix aux femmes et aux familles.